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Noël aux Proms… |
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01-12-2009 |
Noël
aux Proms…
Assister à un
spectacle musical au Royal Albert Hall à Londres était,
depuis longtemps, un rêve. Or, il se trouve que les fameuses
"Proms", fondées par Henri Wood en 1895 et qui réunissent
tous les étés le gratin de la musique classique mondiale,
ont un équivalent en fin d'année: le "Christmas
Festival". En déplacement pour quelques jours à Londres
fin novembre et en l'absence de Gergiev, Salonen, Pappano et Jurowski,
les chefs de grand talent actuellement en poste dans cette ville, j'ai
eu la chance d'assister à un étonnant spectacle
intitulé "Classical Spectacular" donné six fois de suite
dans cette immense salle ronde, soit pour 35 000 personnes environ.
Grand moment de musique et de fête données pour une salle
enthousiaste et heureuse. Le principe est simple puisqu'il s'agit de
faire jouer à un ensemble de haut niveau (Royal Philharmonic
Orchestra, London Philharmonic Choir) les tubes du classique. Quelques
éclairages et fumées psychédéliques
viennent compléter le tableau sans oublier l'irrésistible
humour british distillé aux moments opportuns par le chef
d'orchestre, véritable animateur de la soirée.
Au programme, Carmina Burana, la Chevauchée des Walkyries, le
chœur des esclaves de Nabucco, l'ouverture de Guillaume Tell, etc…
ainsi que les inévitables "Rule Britannia" de Thomas Arne et
"Land of Hope and Glory" d'Elgar chanté dans un tempo parfait
par 5 500 personnes qui agitent simultanément le drapeau
national vendu à l'entrée avec le programme. La
musique de l'ennemi héréditaire n'est pas oubliée
avec l'air du toréador du Carmen et la barcarolle des Contes
d'Hoffmann d'Offenbach. L'incroyable ouverture "1812" de
Tchaïkovski, qui cite la Marseillaise, fait office de final. Et
pour l'occasion des musiciens de Moscou en tenue d'époque sont
venus avec leurs canons, avant un lâcher de ballons… tricolore of
course ! On peut certes trouver la sonorisation imparfaite, notamment
pour le piano au son très déformé pendant la
"Rhapsody in blue" de Gershwin, et les fumées trop incessantes
mais, est-ce vraiment important ?
En France, certains criraient sans doute au sacrilège mais ici
tout semble parfaitement naturel et le public, à
l'évidence très mélangé, est heureux et
n'hésite pas à le montrer. Et ce bonheur palpable est
très communicatif. Et c'est ce côté populaire de la
musique classique, mais à un niveau professionnel, qui manque
tant chez nous. Plutôt que de se lamenter sans cesse sur la chute
des ventes de la musique classique et de la fréquentation des
salles et de noter avec consternation que près d'un adolescent
sur deux déclare détester le classique, retroussons nous
les manches et réfléchissons à comment transposer
chez nous d'aussi bonnes idées. "Le plus grand et le plus
démocratique festival de musique" selon Jiri Bĕlohlávek
mérite certainement de servir d'exemple. Si vous êtes
à Londres pour les fêtes de fin d'année, consultez
le programme sur Internet et allez-y, vous ne serez pas
déçus !
Gilles Lesur
Londres, Royal Albert
Hall, 22 novembre 2009, Royal Philharmonic Orchestra, London
Philharmonic Choir, direction : John Rigby, John Hudson, Jonathan
Scott, David Kempster, The Band of the Welsh Huards, Muskets and Canons
of the Moscow Militia.
Consulter le
site du Royal Albert Hall.
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