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17-11-2009 |
Sublimation
Qui n’a pas encore vu "Le concert", le
film du réalisateur français d’origine roumaine, Radu
Mihaileanu, doit y courir sans tarder. Je ne parlerai pas ici, du
scénario (malin), du jeu des acteurs (parfaits), du montage
(habile) ou de la réalisation (remarquable), non ! Ce n’est pas
le lieu. Je réagis en musicien. Ce film démontre,
à ceux qui en doutaient encore, que la musique a un
véritable pouvoir. Elle élève, elle grandit, elle
va jusqu’à sublimer ceux qui la font et ceux qui
l’écoutent. Radu Mihaileanu utilise ici à merveille, la
fascination que provoque le concerto pour violon de Tchaïkovski
(le film se termine par l’interprétation intégrale de son
premier mouvement !) sur les personnages de son histoire, fascination
qui se transmet aux spectateurs, pour leur plus grand bonheur. Seule la
musique peut provoquer de tel miracle. Pourquoi pleure-t-on
systématiquement à la fin de Traviata ou de Bohème
? Ce n’est plus l’histoire. Le moins qu’on puisse dire c’est que
l’épilogue ne nous surprend plus. Alors ? La musique, bien
sûr. Elle nous emporte à chaque fois et sait créer
l’émotion. Laissez-vous emporter à votre tour par ce film
rare, par cet hymne à la musique. Osez rire et pleurer avec ce
réalisateur qui avait déjà enchanté le
public avec ses deux premiers films, "Train de vie" et "Va, vis et
deviens". Un grand cinéaste est né.
Jean-Pierre Leconte
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