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Un grand Tours à travers chants |
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Un
grand Tours à travers chants
« Des
milliers d’heures d’amateurisme ! ». Je cite un des quatorze
Amis
d’Arthur présents durant tout le Florilège vocal de
Tours, 38e du nom, qui s’est déroulé du 29 au
31 mai
dernier. N’allez pas croire pour autant que ce fût un pensum.
Loin de là. L’organisation est toujours aussi parfaite, les
horaires respectés, l’enchaînement des quinze formations
présentes (et j’oublie volontairement les six chœurs qui
participent au concours national, puisque celui-ci se déroule
hors les murs de la bonne ville de Tours), la qualité d’ensemble
des prestations et, enfin, l’excellente initiative d’avoir
engagé un présentateur de talent - le baryton Franck
Leguérinel, ont fait de ce cru 2009 une très bonne
année.
Côté palmarès, rien à redire. Autant j’avais
été critique en 2008 devant l’avalanche de prix remis au
chœur lyonnais Alter Echo dirigé par Alain Louisot, qui nous a
lui-même confié qu’il en avait été
gêné (et il n’est aucunement question ici de mettre en
cause la grande qualité de cet ensemble, qui a encore
progressé cette année, j’y reviendrai), autant cette
année l’attribution des récompenses a été
à la fois justifiée et méritée.
Notre coup de cœur ira évidemment au magnifique Ensemble vocal
Est venu du Japon et à leur chef, le toujours souriant Masao
Mukai. Outre leurs indéniables qualités vocales et
musicales, tant dans la programmation que dans l’interprétation,
cette petite quarantaine de chanteurs a fait preuve, durant ces trois
journées, d’une joie de chanter très communicative. Le
kanji (idéogramme) que les chanteurs avaient dans le dos
signifiait "la fête", ce n’était pas qu’un hasard !
Pour
moi, ils ont atteint plusieurs fois des sommets avec une superbe
interprétation du "O magnum
mysterium" de Poulenc - faisant
frémir de bonheur tout le Grand Théâtre de Tours,
en donnant une pièce contemporaine d’une incroyable
complexité en se déplaçant par petits groupes du
balcon à l’orchestre avant de se retrouver sur scène et
encore en dansant… et en chantant un mambo étourdissant. Eh oui
! On danse aussi le mambo en kimono. De plus, ce chœur chante la
Renaissance avec la même réussite puisqu’il a aussi
remporté ce prix spécifique. Et croyez-moi, l’extrait de
la "Missa Pange Lingua" de
Josquin Desprez était digne des
meilleurs interprètes du genre. C’est d’ailleurs ce chœur de
tokyote qui participera en 2010 au prochain Grand Prix européen
à Varna, en Bulgarie grâce au Grand prix de la Ville de
Tours qu'il a remporté.
Le "Pays du Soleil Levant" était encore présent dans le
Grand Prix européen de cette année. Les vainqueurs des
six éditions continentales, Arezzo, Tolosa, Debrecen, Varna,
Gorizia et Tours, s’affrontent dans ce prix une fois dans
l’année alternativement dans chacune de ces villes. 2009
était l’année de Tours. Quelle extraordinaire
soirée nous avons vécue, grâce à ces six
chœurs venus de Hongrie, Argentine, Espagne, Slovénie, France et
du Japon ! L’ensemble universitaire argentin de Mendoza l’a
emporté. Mais comme il a dû être difficile au jury
de faire un choix ! Notre cœur balançait fort avec l’excellent
chœur hongrois et surtout la formation féminine Kikuka, toute de
kimonos parée, qui a enchanté le public, par la
beauté de ses voix, sa virtuosité et son impeccable
interprétation dans un programme allant la Renaissance italienne
à la musique contemporaine. Leur "Ave Maria" de Poulenc restera
longtemps gravé dans nos mémoires. Encore un petit mot du
chœur Alter Echo, cité plus haut, qui est constamment en
progrès et qui, vraisemblablement, saura faire parler de lui.
Il est temps d’en venir au Prix de direction de chœur qui était
la grande nouveauté du palmarès 2009 du Florilège
vocal de Tours. Comme vous le savez, les Amis d’Arthur Oldham ont
initié ce prix et l’ont doté et remis pour la
première fois cette année. Il aura fallu une heure et
demie de délibération au jury pour attribuer, non pas un,
mais deux prix ! C’était une première et les
critères d’évaluation n’étaient pas parfaitement
établis. La question que nous nous posions était de
savoir comment juger quelqu’un qu’on ne voit que de dos. Comment
apprécier la direction sans voir les yeux, les expressions, les
mains, le contact avec les choristes, bref tout ce qui fait la
qualité d’un chef ? Les membres du jury que nous avons pu
interroger sont tous d’accord, il faudra envisager d’autres
méthodes d’appréciation. Placer des jurés
différemment ou encore une caméra face aux chefs, bref
toutes les hypothèses sont ouvertes. Car, là aussi, le
consensus est total, ce prix est plus qu’une évidence, il
devient une nécessité.
Pour cette première, les jurés ont donc choisi deux
lauréats. D’abord, comme prévu, ils ont distingué
un des chefs finalistes du concours international, le basque-espagnol
Basilio Astúlez qui nous a tous ravis à la tête de
son ensemble féminin Vocalia Taldea en emportant plusieurs
distinctions (le palmarès complet est visible sur notre site).
Ensuite,
ils ont pris la décision d’encourager un jeune chef
français, Alexis Duffaure, qui, avec son Chœur
Voyageur, se
présentait dans le concours national où il a obtenu trois
autres prix. Pour nous, Amis d’Arthur, ce choix nous touche doublement,
puisqu’il consacre une sorte de filiation musicale, idéale et…
inespérée. En effet, Alexis est un élève
d’Eliane Lavail, qui fut, au début des années 80, un des
jeunes chefs à être formés conjointement par Jean
Laforge à l’Opéra de Paris et Arthur Oldham avec le Chœur
de l’Orchestre de Paris. Nous sommes donc très heureux de ce
choix.
J’aimerai, avant de conclure citer le bon ensemble venu de Yerres, Les
Temps modernes, dirigé par Denis Thuillier, qui est, à
l’évidence, un chœur en devenir.
Vous l’avez compris, tous les Amis d’Arthur présents, sont
revenus ravis de leur escapade tourangelle baignée de soleil, de
douceur de vivre, d’amitié et… de musique. Nous sommes heureux
et fiers d’avoir fait entendre le nom d’Arthur Oldham dans ce qui est
un des hauts-lieux du chant choral amateur en France… et en Europe.
Pour finir, les Amis d'Arthur Oldham ont offert la partition de la
"Ballade des Dames de Paris",
extraite du "Testament de Villon" (œuvre d’Arthur Oldham
composée en 1997 pour le 20e anniversaire du Chœur de
l’Orchestre de Paris) non seulement aux lauréats, mais aussi
à quelques personnes dont on pense qu’elles seraient
susceptibles de faire entendre cette musique au-delà de nos
frontières.
A
l’année prochaine ! Si vous ne savez pas encore ce que vous
ferez de votre week-end de Pentecôte 2010, moi je n’ai aucun
doute. Ce rendez-vous devient incontournable !
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