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La
postérité a retenu son fils, Madeleine, le chansonnier
pamphlétaire qui siégeait sur le Pont-Neuf de Paris et
qui a laissé quelques couplets caustiques, contre la
royauté. Désaugiers, le père, fut Maître de
chapelle dans sa ville natale, puis directeur du “Grand concert”
à Marseille, en 1773, où il fait jouer ses
premières œuvres. Puis, c’est Paris qui l’accueille avec l’appui
de Gluck. Il se fait connaître par une série de petits
opéras ("Le Petit Oedipe", "Florine", "Les Deux Sylphes", "Les
Jumeaux de Bergame", "L’Amant travesti", etc.). En 1784, il compose une
cantate intitulée Buffon, pour l’inauguration du buste du
célèbre entomologiste. Cette partition,
enregistrée en 1990, a révélé, pour la
première fois, Désaugiers au disque. On doit cette
résurrection à Jean-Pierre Lo Ré qui, poursuivant
ses recherches sur ce compositeur, a découvert son œuvre
sacrée avec, notamment "Idylle sur la naissance du Christ", un
admirable Miserere et les "Chants funèbres", et le Requiem que
Désaugiers composa en 1786 à la mémoire d’Antonio
Sacchini, son maître et ami. Avant sa mort, en 1793, et trois ans
durant, Désaugiers triompha à Notre-Dame de Paris avec
"La Prise de la Bastille", un gigantesque oratorio, hélas perdu,
écrit pour 600 exécutants, grand orchestre, tocsin,
régiment de tambours et batteries de canon sur le parvis.
Le Requiem,
écrit pour 4 solistes, chœur et orchestre - donné en mai
2008 pour la première fois en concert depuis 1786 - utilise des
moyens plus discrets, même s’il fait appel, par moment, à
des instruments insolites comme le tonnerre.
Après
la
recréation
d’œuvres oubliées (Requiem de Pleyel, de
Franz et Ferdinand Schubert, Les Saintes Maries de la Mer et le Stabat
Mater d’Emile Paladilhe , etc.) Jean-Pierre Lo Ré nous invite,
avec ses musiciens, à découvrir le Requiem de
Marc-Antoine Désaugiers dans la transcription
réalisée par le musicologue Bruno Gousset.
Une
passionnante rareté !
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