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La Colombie se souvient d'Arthur Oldham |
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La Colombie se
souvient d'Arthur Oldham
Le
19 mars dernier le journal "El
tiempo" de Cali en Colombie
publiait un article annonçant le
Festival de Musique Religieuse de Popayán et rappellait un
certain Requiem de Fauré, chanté en 1983 sous la
direction d'Arthur Oldham, réalisé avec des moyens de
fortune, le jour même d'un tremblement de terre !
Traduction, Jean-Pierre Belleville,
documentaliste de l'Association Les
Amis d'Arthur.
Le Festival
de Musique Religieuse de Popayán, un rendez-vous
inévitable avec l’art.
En 45 ans
d’existence, il a du esquiver des « détails
» comme un tremblement de terre ou le manque de ressource. C'est
ce que gèrent Stela Dupont, la responsable de cette
manifestation, et son mari Edmundo Mosquera.
Les notes du festival n'ont jamais cessé de retentir, même
ce jeudi saint de 1983, quand une secousse sismique matinale
détruisit la ville. Les voix des 100 choristes
entonnèrent le Requiem de Fauré, tandis que le maestro
anglais Arthur Oldham dirigeait le chœur juché sur une table.
Cela ne se passait pas au Théâtre Guillermo Valencia,
scène habituelle des répétitions, parce qu'il
avait été détruit quelques minutes avant que les
musiciens ne fassent leur entrée. La prière musicale
s’élevait du parking de l'hôtel Monasterio. La toile de
fond était la piscine et un peu plus loin, les fissures des murs.
Après 10 ans d'existence, en 1973, le festival fut sur le point
de se taire. La mæstra Dupont se souvient que quelques jours
avant le début de la semaine sainte, il n’y avait plus d'argent
pour payer les honoraires et les frais de déplacement.
Son mari publia alors une lettre dans le journal local "El Liberal",
dans laquelle il renonçait à poursuivre ce qu'il avait
lui-même entrepris. Ce jour-là, il ne reçut pas
d'argent, mais les représentants locaux vinrent chez lui, le
priant de ne pas abandonner.
En 45 ans sont venus à Popayán des maestros comme John
Williams, Rafael Puyana et Harold Martin, cette année viendront
Qi Yuan Jie Shen de Chine et Aldo Matta d'Espagne.
Sans défaillances au festival
Au début
des années 60, Dupont était une jeune
chanteuse et pianiste, élève du conservatoire de musique
de l'université de la province du Cauca. Des années plus
tard, elle se maria avec Mosquera et bien qu’elle dise qu’elle a
continué à collaborer avec lui, « il en a toujours
eu la responsabilité ». Puis elle fut atteinte d'une
maladie qui l'empêchait de marcher, on devait la porter aux
concerts. Elle dirigeait les représentations du chœur de chambre
dans un fauteuil roulant.
Aujourd'hui, nous disons avec fierté, que la contribution la
plus importante du festival à Popayán est peut-être
que «nous avons éduqué avec la musique. ».
Depuis 4 ans, la scène du concert de clôture du festival
est le colisée couvert « La Estancia ».
Là, l’Orchestre Symphonique National s’installe sur le terrain
de basket et donne un concert gratuit et didactique auquel assistent
près de 4 000 personnes de tous horizons qui ont appris à
se taire alors que l'orchestre joue, à applaudir au bon moment
et à s’affiner l'oreille pour applaudir, taper des pieds ou
siffler lorsque le maestro l’indique. La musique classique est
également présente au XVIIIe Festival de Santander de
Quilichao, organisé par la Fondation Club Kiwanis Tierra de Oro.
Et dans d'autres municipalités de la province du Cauca où
on apprend à écouter avec une plus grande culture.
Par Adrian Espinel Rubio,
envoyé spécial pour "El
Tiempo" à Popayán
L'article
original est consultable sur le site de "El
Tiempo"
Parcourez
"L'intermède colombien", l'extrait de la biographie
d'Arthur Oldham consacré à cette période dans
"Vivre avec les voix" en cliquant ici.
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